Yves Conte

L'impossible est toujours ce qui advient naturellement, presque monochrome, toujours monochrone.
Peut-être faut-il un peu plus de nature (campagne, arbres vus de dessous) ; une prise du haut de Serrecaï sur l'atelier et le cabanon, petits, perdus… dans « l'inépuisable murmure » de ce qui nous enterrera tous.

Ou, pour retrouver une pratique païenne réactualisée par la surpopulation, de ce qui nous calcine en feignant chaque été de brûler pour notre édification ; ce catéchisme des feuilles, plus gorgées d'huiles et d'essence que le plus monstrueux des tankers. Et puis, les nains. Nous, nos jardins, nos traces, nos pertes et nos meurtres.

Nos comme si…
Comme si le kilo de plomb du chasseur, fourbu et puant comme sa bête, pesait plus lourd que le kilo de plumes qui volent.
Et le psaume répond : « garde-moi, Ô garde-moi à l'abri tout puissant de Ton aile ».

Car c'est ainsi qu'on s'affine, qu'on s'aiguise à ces meules.
Pris par ces collines, pierreuses, rabotées mais jamais égales, il y a du grain à moudre, de très fines poussières pour l'imagination. Un « festin de pierres » avec plus de meules que de grains. Fors les grains de mire. Grains qui luisent comme l'éclair d'une terreur, sous le corps immobile encore, déjà les pattes se placent. Cette étoile au laser sur le cabochon de jais conduit la fuite.
Stella fugitiva… très furtive et très familière.
Car rien, jamais, ne nous délivrera du mal.
Nous ne voyons pas…

Y.C.

Yves Conte est explorateur de la chose picturale. Peut-être, au long de petits cahiers inlassablement noircis de mots et croquis où murissent les idées avant de leur donner corps et couleur.

Hanté par le sacré dont il a maintes fois pimenté ses œuvres par l'image et le symbole, il voue également un amour parfait à la géométrie. Le trait droit, l'angle aigu sont pour lui les nécessaires repères qui confirment l'homme dans ses certitudes. Ce concret, l'acquis que l'artiste transcrit de façon magistrale par une multitude de figures rectilignes explosant dans un tout « kaléidoscopique ».

Arbres Secrets, s'il ne s'agit d'une nouvelle période pour le peintre dont la première expo date de 1972, cette présentation magnifie l'arbre et son environnement, comme un élément du quotidien, comme le symbole de l'éternelle résurrection de la nature. Mais aussi au travers des forces, légendes et appréhensions qu'il génère et engendre depuis l'aube des temps.

Ainsi, des personnages mystérieux émergent-ils au détour des toiles: bon samaritains ou maléfiques esprits?

L'artiste qui puise sa sève dans son environnement immédiat du haut Var s'est, par exemple, livré à un formidable travail de minutie en jouant de la lumière filtrée par les branches et feuillage des arbres. D'une base photographique résulte une explosion de couleurs et des entremêlements labryinthiques.

Quand les huiles ne révèlent pas - au vu d'une vidéo de 26 minutes consacrée à l'artiste - de superbes reliefs dans une débauche d'huile compressée à travers des plaques ajourées.

P. Johann

Consultez sa brochure :

http://www.flipsnack.com/hangart/fumyri99
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