Michel Carlin

Pour Michel Carlin, le corps est la mémoire visuelle de la nature humaine. Il s'impose à lui comme le mystère de la chair dont il questionne la pluralité des formes inlassablement renouvelées par le passage transitoire des attaques du temps. Le corps est le réceptacle des mutations morphologiques dont le peintre énumère les empreintes mystérieuses d'une anatomie qu'il réécrit d'un geste impulsif et sûr. Dans l'atelier, l'accumulation des peintures et des dessins, des esquisses, révèle l'urgence d'être là pour dire la présence au monde des êtres arrachés au chaos originel. La ferveur généreuse et tourmentée de celui qui reconduit son face à face avec la matière afin d'extraire les beautés tourmentées du corps, ressuscite la réalité oubliée. Vacillante, hagarde, celle-ci se plie aux assauts graphiques d'un trait incisif, souple, à la fois languide et véhément pour une liberté de la forme qui s'abandonne aux spasmes d'une chair en déliquescence. Michel Carlin a placé le corps au centre de toutes ses conquêtes picturales. Miroir de l'âme, il émerge d'un gouffre blafard dans des fulgurances contrastées. L'humanité de Michel Carlin n'offre aucun ancrage social. Elle est d'abord l'histoire charnelle de figures étrangement vibrantes dans l'impudeur de leur réalité organique rattrapée par la tentation de l'absence et celle de la mort. Ces corps mémoriels devenus les témoins de leur propre destin, multiplient à l'infini des attitudes, des poses, des fragments mis en scène dans des compositions qui fonctionnent en triptyques et prédelles, sans que jamais la peinture ne soit prise en défaut. C'est que Michel Carlin insuffle une énergie universelle à ces représentations devenues par l'exercice vorace et splendide du dessin et de la couleur, des visions corporelles. Des corps mus en paysages palpitants, aux béances flamboyantes, secrètes, assaillies par des coulures, des balayages tracés d'un pinceau énergique, des stridences fauves qui modèlent un membre brutalement éclairé par un ocre clair. Cette peinture de cendre, sous laquelle le feu couve, se pare de tonalités réduites aux terres, à l'ocre, au noir et au gris relevé d'un bleu ou d'un rouge. Remontés des limbes, ces corps sont pétris dans une matière fluorescente en transsubstantiation. La sensualité exacerbée se radicalise avec la série des gisants. Le lyrisme des corps labourés par la lumière incandescente a cédé devant l'horizontalité des corps couchés. Le dessin circonscrit l'agonie, la ligne fait saillir les côtes. Le tumulte, comme l'impression d'intumescence des corps debout, se sont résorbés dans ces transis. Pour Michel Carlin, chaque œuvre nouvelle opère une révélation sur le théâtre de la vie.

Lydia Harambourg
Historienne Critique d'art
Correspondant de l'Institut Académie des Beaux-Arts

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