Jean Charasse

Jean Charasse est né en 1941 à Lapalisse (Allier). A partir de 1955 il commence à peindre tout en poursuivant ses études. Figuratif il travaille le pastel, la peinture à l’huile et le collage en carton.
De 1979 à 1980 il expose régulièrement à la galerie du Dragon à Paris et collabore avec l’Atelier Fine de Moustiers à la réation de faïences contemporaines.
La figuration, à parti r de 1990, disparaît de son travail et avec des matériaux de récupération il crée des compositions géométriques dans lesquelles verticales courbes et diagonales structurent l’espace.
Il expose de 1993 à 1999 à la galerie Alexandre de La Salle à Saint Paul de Vence où il fait la connaissance de Carmelo Arden Quin. Son œuvre évolue et se rapproche de l’Art Construit.
1998, première participation au Salon des Réalités Nouvelles à Paris.
A partir de 2004 il devient membre du Mouvement MADI.

Depuis le début des années 1990, Jean Charasse a développé un art très épuré, aussi bien en sculpture que dans des pastels à la matière polie sous laquelle se trouvent des richesses de reflets, et qui pourraient être une sorte de dictionnaire de signes hermétiques personnels, dans le sens où Hermès Trismégiste fut le chantre, sur le mode musical, de la Nature et de ses puissances, justement réapparues dans l’art du XXe siècle par l’entremise du mouvement Madi et de son prophète, Carmelo Arden Quin, recevant le spectre d’un certain Joaquim Torrès-Garcia.

La sculpture de jean Charasse, faite de signaux de toutes matières, s’est petit à petit rapprochée des pré-supposés du mouvement MADI, ancré, si l’on en lit les premiers Manifestes, dans un désir de retour aux sources. Le vocabulaire de Jean Charasse, depuis le début, peut se décrypter comme révélations de sa propre “nécessité intérieure”, mais sa rencontre avec MADI met en lumière à quel point, sans l’avoir rencontré, Joaquim Torrès-Garcia et son goût pour les forces telluriques peut lui être relié dans une généalogie passionnante, et en passant, bien sûr, par le disciple Bolivar (disciple de Torrès-Garcia), véritable Indien Charrua. Tous trois, Torrès-Garcia, Bolivar et Jean Charasse, médiatisés par Carmelo Arden Quin, dans cette diachronie sont des maîtres du “plan”, de cette forme plane que Carmelo Arden Quin revendiqua comme véritable non-cadre révolutionnaire.

les dernières pièces de Jean Charasse, camaïeux de blancs et de gris, presque monochromes, manifestent une logique sensible par rapport à son histoire, car les signes s’y effacent presque pour n’y laisser que des traces subtiles, traces d’expérience, trace de dépassement de la dualité, indices sans doute d’une sorte d’accession à un au-delà des formes, que l’on pourrait avancer comme une accession à l’être. Entre vie et mort, dévoilement de l’indicible.

France Delville
(Cagnes-sur-mer, 23 février 2011)

http://jeancharasse.com
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