Catherine Monmarson

Sentir est au commencement de toutů
Les toiles de Catherine Monmarson sont comme le premier matin, comme l'état naissant des choses quand elles ne sont encore que pure sensation, cet état qui précède le réel brut que nous cherchons toujours à imprimer à tout ce que nous regardons. Point de départ absolu, elles sont comme ces brèches dans une nuit insaisissable.
Mais l'Art n'est-il pas, par définition, ce que nous sentons d'impossible à saisir, qui se dérobe à l'étreinte pourrait-on dire, et la Peinture n'est-elle pas aussi, et peut-être d'abord, la figure indirecte du désir, désir ambigu, contradictoire, fondamental pourtant, comme ce qu'elle cherche à saisir et qui se dérobe indéfiniment ?
Même si nous savons que ce sont des Corps que Catherine Monmarson triture sur cette surface opaque et sourde, le réel de leur forme se dérobe sans cesse à notre esprit et oppose sa nudité informe au besoin de signifiance et à l'exigence d'ordre qui sont les notres.
Sinon ?
Et bien sinon ce seraient des signes, une convention, ce serait s'en tenir à ce que l'on sait toujours pouvoir dominer, la chose en soi, reproduite mécaniquement comme un écho le ferait.
Ici, aucune convention, aucune image galvaudée, aucun chantage au sentiment ou à la fausse émotion des couleurs ou des formes, mais un vrai travail de peintre dans lequel nous percevons la résistance qu'une matière concrète oppose à la main qui veut la soumettre, un travail fait de brusques déchirements, de transformations, d'instants fugitifs où le tissu familier de notre connaissance s'amenuise peu à peu pour laisser émerger ce qui semble être le frôlement d'un absolu.
La Peinture rayonne muette.
Peindre, en ce sens est l'aventure la plus solitaire, une mystique privée individuelle.
Depuis de nombreuses années Catherine Monmarson cherche refuge toujours plus avant en elle-même, s'épuise toujours davantage, essaye mille combinaisons, comme ceci ou comme cela, pour tenter de comprendre ce que contient l'Univers du Corps Humain,, pour tenter de deviner quels éléments réels en sont la substance, le regardant jusqu'à la fascination, pressentant la forme, les forces de cette forme, puis la réduisant à néant pour porter toujours plus haut cette intensité de présence nue.
Il semble que nous apercevions l'être pur, si simple qu'il ne se distingue pas du néant.

Michelangelo Modica

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